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 La Geisha

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MessageSujet: La Geisha   Jeu 23 Oct - 20:05

A vrai dire, au départ, je ne savais pas où placer ce topic, et en fin de compte, je pense qu'il a fort sa place dans cet endroit qu'est "L'Histoire du Japon".

PRESENTATION


Bien des occidentaux pensent à tort que le mot geisha désigne pudiquement une prostitué de luxe. Ce cliché a dévalorisé cette tradition. Ce terme signifie "Personne de l'Art" (du japonais "gei", culture et "sha", personne). C'est une profession à part entière qui est bien décrite par son nom : la geisha doit savoir, par sa culture, animer une réunion ou un dîner pour plusieurs invités et elle participe activement aux moments de plaisir que sont les banquets en apportant les éléments artistiques et esthétiques les plus raffinés. Elle fait partie, avec tout le respect que cela entraîne, de l'univers culturel nippon. La véritable geisha, parce qu'elle pratique les Arts Elevés, jouit ainsi d'autant de prestige et d'admiration qu'il en est accordé aux sumos.


HISTOIRE


En 794, l'empereur Kamnu est un grand admirateur de la civilisation chinoise. Il fait édifier une nouvelle capitale qui sera Kyoto, sur le modèle de la capitale de Chine, Changan. A cette époque, les filles qui dansaient sur des prières bouddhistes étaient aussi les maîtresses des guerriers et des nobles. De ce curieux mélange de traditions, d'esthétique et de plaisir allait naître peu à peu l'art des geisha.
On peut situer sa véritable naissance à 1600, quand le shogun Tokugawa s'installa à Edo, c'est à dire Tokyo, pour y exercer sa dictature militaire. Leur rôle alors se précisa : d'abord danseuses et musiciennes, elles eurent ensuite à verser le saké pour les convives des banquets. L'histoire des geisha est donc courte. Mais elles furent rapidement appréciées par leur éducation et leur raffinement dans l'art de converser et leur élégance. Elles devinrent assez vite les confidentes des hommes de la haute société ou des détendeurs de pouvoir.
En 1700, un décret shogunal voulut réglementer cette nouvelle profession et obligea les geisha à résider dans des "quartiers réservés". Devant ce regroupement forcé avec les prostitués des quartiers de plaisir, un certain nombre de geisha décidèrent de quitter leur maison (Okiya), l'établissement qui les formaient. Elles se regroupèrent alors en écoles. Au 18ème siècle, les geisha étaient considérées comme exerçant une profession définie, bien distincte de celle des courtisanes, les yujo. Elles ne devaient pas vendre leurs charmes, ni porter de tenues voyantes.
Aujourd'hui les geisha ont refusé toute occidentalisation et c'est ainsi qu'elles sont devenues les dépositaires d'une grande partie de ce qui furent la culture et la structure de la société japonaise traditionnelle.


L'APPRENTISSAGE


La maison des geisha, l 'Okiya, accueille les apprenties geisha. Cette profession s'exerçait en général de mères en filles mais on trouvait aussi beaucoup de filles pauvres, parfois vendues par leur famille, qui était assurée que leur fille recevrait ainsi une éducation correcte. Aujourd'hui la loi exige qu'elles soient allées à l'école jusqu'à 15 ans.
Dès son plus jeune âge, la petite fille quitte donc sa maison familiale pour rejoindre l'Okiya, basée selon le modèle hiérarchique familial. A sa tête une mère (Mama San) qui gère toute la maison. L'Okiya se compose des geisha qui travaillent pour rembourser les frais de leur formation (repas, cours, frais de médecine, acquisition des costumes, etc.) et des apprenties geisha, qui apprennent leur art "gratuitement" (sous condition de rembourser plus tard) en allant à l'école et par l'intermédiaire de leurs grandes soeurs geisha. La hiérarchie est basée sur l'ancienneté des filles. L'apprentissage est difficile et long. A la fin, l'apprentie est initiée aux maisons de thé, aux mécènes et aux clients. Elle devient alors une véritable geisha.


LE DANNA


Traditionnellement, chaque geisha avait un protecteur, un danna. Aujourd'hui, il n'y a pas assez d'hommes riches pour que chacune ait son danna. Celui-ci est généralement un homme d'affaire, un directeur de société. Il lui verse une pension mensuelle et lui paie son temps en plus lorsqu'elle participe à un banquet.
Traditionnellement, le dépucelage de la geisha était la prérogative du danna, mais dans certains cas, la maison en confiait le soin à un homme choisi pour sa délicatesse et qui payait très cher pour ce privilège, surtout si la geisha était convoitée et qu'elle excellait dans son art.
De nos jours, la geisha est plus responsable de sa vie sexuelle et elle doit attendre généralement l'âge de 20 ans pour trouver un protecteur. Ce qui ne l'empêche pas, socialement, d'être considérée comme célibataire, car tant qu'elle est dans la profession, elle n'a pas le droit de se marier.


FONCTION


Une geisha est essentiellement une hôtesse professionnelle entraînée aux Arts du Divertissement. Traditionnellement, même encore aujourd'hui en dépit du nombre grandissant des mariages d'amour, les divertissements et les sorties de l'homme japonais se déroulent sans son épouse et ont lieu avec ses relations de travail.
Les geisha sont en général plusieurs quand il s'agit d'un banquet. Leur rôle consiste, entres autres, à servir le saké. Elles peuvent accepter d'en boire avec les convives mais ne sont pas autorisées à partager la nourriture. Pendant la soirée, elles dansent, chantent, récitent des poèmes traditionnels ou jouent d'une sorte de luth, le shamisen, ou encore du tambour ou de la flûte. Elles ouvrent les portes, servent le thé selon la tradition. Tous leurs talents sont faits pour enchanter un banquet, une réunion, un repas et sont très utiles pour briser la glace auprès de clients réunis pour discuter d'un contrat ou d'une alliance politique par exemple.
Cependant, le prix élevé des prestations restreint cette possibilité aux sociétés ou partis influents et aux hommes riches. Les geisha n'entrent que très rarement dans la vie du japonais moyen.


ART VIVANT


La geisha doit maîtriser l'art de la toilette et de la coiffure comme celui du rituel du thé. Elle possède la science du chant et de la danse. Elle joue aussi d'instruments de musique traditionnels et connaît l'arrangement floral (ikebana), la calligraphie, la comédie, la grâce sociale, la conversation et sait donc également entretenir une conversation plaisante, nourrie de réparties intelligentes. Elle fait l'amour avec une science et un art éprouvés, selon les traditions érotiques chinoises et japonaises.
En dehors des banquets et des maisons de thés, les geisha donnent aussi des spectacles publics pour célébrer certains évènements.
Par tous ses talents, la geisha est ainsi une forme "d'art vivant".


COSTUMES


La geisha porte un kimono appelé obebe. Assemblé de plusieurs morceaux, il est très lourd mais somptueux, égalant en richesse et en raffinement comme le kimono du mariage. Entièrement réalisé à la main, il arbore de délicats motifs de décoration et nécessite à peu près 24 mètres d'étoffe pour le confectionner. Une ceinture, l'obi, est nouée dans le dos à l'inverse des prostitués qui la nouent sur le ventre. Sous le kimono, elle porte une robe dont le col dépasse à la base du cou. Une authentique geisha porte le col dans les mêmes teintes que son kimono, tandis que celui d'une maiko (apprentie) est rouge et celle qui est en voie de le devenir doit porter le col blanc.
Chaque geisha possède environ une quinzaine de kimonos, dont le prix peut varier de 12.000 à 23.000 euros. Achetés par la Mama san de sa maison, ils seront remboursés au fur et à mesure des gains obtenus par la geisha. Ce remboursement s'étale généralement sur plusieurs années. La garde-robe de la geisha lui permet ainsi de se changer deux ou trois fois au cours d'un même dîner, comme il se doit.
La coiffure et le maquillage jouent également un rôle primordial.
Les chignons compliqués, reproduisant les coiffures de l'ère d'Edo, que portent les geisha imposent des heures d'arrangement et bien sûr d'avoir des cheveux longs ou très longs. Comme elles doivent changer de coiffure à chaque danse, elles ont adopté, dans les années 60, le port de la perruque, ou Katsura, toujours faits de vrais cheveux et donc très chers.
Le maquillage est demeuré le même depuis des siècles. Il se compose d'une base blanche qui recouvre tout le visage et d'une teinte rouge vif qui recouvre toutes les lèvres. Pour renforcer l'aspect sensuel, des rayures rouges sont peintes à la base du cou, ce qui donne l'impression de voir, au travers du masque blanc, la peau nue de la geisha.


Petit plus :

Les geisha étaient nombreuses aux XVIIIe et XIXe siècles. Elles existent encore dans le Japon contemporain bien que leur nombre soit en constante diminution : estimé à 17 000 dans les années 1980, il n'est plus que d'environ 200 de nos jours, principalement à Kyoto dans le quartier de Gion.

PHOTOS


Spoiler:
 

Voilà..
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MessageSujet: Re: La Geisha   Jeu 8 Jan - 23:51

merci pour ce bel article
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MessageSujet: Re: La Geisha   Ven 9 Jan - 1:55

Vue qu'aucune source n'est cité, est ce bien "ton" travail ? (je demande ça car on a eu quelques emmerde a cause de sources non placé)

Et loins de moi l'idée de te contredire, mais j'ai vue ça sur "aujourdhuilejapon" ça completera.

Au Japon, le nombre de geisha et d'apprenties - les maiko- n'a cessé de baisser au cours des dernières décennies. Alors qu'elles étaient environ 80 000 dans les années 20, elles seraient moins de 1000 à l'heure actuelle, principalement dans la ville de Kyoto. Il semble cependant que le nombre d'apprenties geisha connaisse depuis peu une augmentation. En 2008, on a dénombré 100 nouvelles maiko, contre 60 les années précédentes. Une meilleure communication autour de leur métier -consistant à divertir leurs clients en dansant, jouant des airs traditionnels ou simplement en discutant - par le biais de livres, blogs et reportages permet de faire savoir à la population que leur activité ne s'apparente pas à la prostitution, même si, historiquement, les deux activités ont entretenu des rapports étroits.


Enfin par rapport au petit plus.

Ca souligne le fais que ça augmenterai un peu ces temps ci.
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MessageSujet: Re: La Geisha   Ven 9 Jan - 4:44

Je rajouterais 3 choses :

1 Les Maiko ont sur la nuque une trace en forme de queue d'hirondelle que n'ont pas les geisha confirmées, c'est ainsi qu'on peut les reconnaître

2 La première Geisha étrangère a atteint ce rang il y a peu de temps. C'est une américaine, en thèse d'anthropologie, ce qui demande de se plonger dans le milieu étudié.

3 Les geishas ne connaissent pas tous les instruments, elles se spécialisent dans un seul de ceux ci
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MessageSujet: Re: La Geisha   Ven 9 Jan - 11:41

J'apprends des choses... merci.
> Dans le livre "Mémoire de Geisha" on apprend pas énormément de choses.
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MessageSujet: Re: La Geisha   Dim 11 Jan - 22:29

Flikflak > ah pour l'américaine, je n'étais pas au courant. =)

Ren > je n'arrivai pas à mettre le lien de la source =/ enfin ça me mettait une fois que je le mettais "impossible d'afficher la page" une histoire comme ça.
je vais retenter.

lynhot > Oui, mais bon, c'est un beau livre quand même. et le film est pas mal.
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MessageSujet: Re: La Geisha   

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